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L’ancien et le nouveau

Giotto,

visuel : Codex vaticanus graecus

À l’époque de Jésus et des premiers chrétiens, on ne parlait pas d’Ancien Testament mais des Écritures. L’expression Ancien Testament qui désigne aujourd’hui ces premières Écritures sacrées semble renvoyer à un passé révolu ou dépassé : ancien s’opposerait à nouveau. Il est toutefois impossible de comprendre le Nouveau Testament en ignorant les textes de la Bible hébraïque [1].

Les textes du Nouveau Testament sont remplis de citations ou d’allusions provenant de la Loi, des prophètes et des autres écrits – c’est ainsi que les Juifs désignent les trois parties de la Bible hébraïque. Les premiers auteurs chrétiens ont ainsi relu leurs Écritures pour comprendre et interpréter la mort et la résurrection de Jésus. On utilise d’ailleurs une belle expression qui désigne ce processus d’interprétation : l’accomplissement des Écritures.

Je vous ai donc transmis en premier lieu ce que j’avais moi-même reçu, à savoir que le Christ est mort pour nos péchés selon les Écritures, qu’il a été mis au tombeau, qu’il est ressuscité le troisième jour selon les Écritures…  (1 Corinthiens 15,3-4)

L’Ancien Testament est donc une clé de lecture pour comprendre les textes du Nouveau Testament et saint Paul ne sera pas le seul auteur du Nouveau Testament à puiser dans les Écritures pour appuyer ses propos ou sa prédication.

Ce recours aux Écritures pour comprendre la mort et la résurrection de Jésus s’étend au concept d’Alliance qui unit Ancien et Nouveau Testament. La venue de Jésus Christ ne vient pas mettre un terme à l’ancienne Alliance : elle la prolonge dans le sens évoqué par la prophétie de Jérémie :

Des jours viennent – oracle du Seigneur – où je conclurai avec la communauté d’Israël – et la communauté de Juda – une nouvelle alliance. (Jérémie 31,31)

Les premiers auteurs chrétiens ont donc compris la mort et la résurrection de Jésus comme le renouvellement de l’Alliance conclue avec le peuple d’Israël. Cette interprétation est clairement exprimée dans le repas de la Cène où Jésus fait circuler la coupe et invite le groupe des disciples à boire « car ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude, pour le pardon des péchés ». (Matthieu 26,28) Encore ici, ce texte est une référence explicite à un texte de la Bible hébraïque, le récit de l’Exode, où Moïse asperge le peuple avec le sang des sacrifices qui scellaient l’Alliance conclue entre Yahvé et son peuple (voir Ex 24,8).

Une meilleure connaissance de l’Ancien Testament est donc un atout majeur pour comprendre plusieurs textes du Nouveau Testament. Mais l’intérêt pour cet héritage du peuple d’Israël ne s’arrête pas là : l’Ancien Testament témoigne d’une expérience, de l’expérience de Dieu. Et à ce titre, il devrait nous intéresser vivement car cette expérience rejoint souvent la nôtre même si les mots pour la dire nous paraissent parfois étranges.

Sylvain Campeau, bibliste
Office de catéchèse du Québec

Note

[1] Les Écritures des premiers chrétiens étaient la Septante, une traduction grecque de la Bible hébraïque réalisée en Égypte, par des Juifs de la diaspora, au 3e siècle avant notre ère. Cette bible contient quelques livres et des compléments écrits en grec seulement qui ne sont pas reconnus dans le canon des Écritures juives, canon suivi par les Églises de la Réforme.

 

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