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Jeûner… pour se mettre en appétit!

(Depositphotos)

Quoi de moins tendance que la notion de jeûne? Quoi de plus rabat-joie? Sauf dans certains courants de médecine alternative, cette pratique n’est guère populaire aujourd’hui. Et, pourtant, l’Église nous invite comme chaque année à entrer en carême en pratiquant le partage, la prière et le jeûne. Les deux premiers aspects se conçoivent aisément, mais le jeûne! Se priver du plaisir de manger, se priver de nourriture, quel sens cela peut-il avoir?

Élargissons tout d’abord la notion de jeûne. On peut jeûner de nourriture, mais aussi de bien d’autres choses qui « entrent en nous », que l’on ingère d’une manière ou d’une autre. Je peux, par exemple, choisir de jeûner de certaines émissions de télévision, dont j’ai l’habitude de me gaver, tout en sachant qu’elles ne me nourrissent pas vraiment. Je peux jeûner de relations un peu stériles, de conversations peu constructives, de certaines habitudes qui ne me font pas avancer. L’idée est de remettre de l’ordre dans mes priorités, de me rappeler que je suis faite pour le meilleur, d’« ordonner » ma vie, comme disait Ignace de Loyola. Dans le fond, et c’est ce que Jésus soulignait à Marthe, une seule chose est nécessaire : Dieu. Tout le reste est secondaire et utile en tant que chemin vers Dieu.

Ma vraie faim est une faim de Dieu, de sa Parole, de sa présence, de son amour indissociable de l’amour du prochain. Me le rappeler est salutaire et me remet en mouvement. Si je décide de me priver de chocolat pendant le carême, cela peut être soit une prouesse volontariste, et donc quelque peu stérile, soit un petit pas vers une plus grande liberté intérieure. Une façon de me rappeler que si le goût du chocolat est suave, rien ne peut concurrencer le goût de Dieu. En me privant d’une nourriture, quelle qu’elle soit, ou en en modérant la consommation, j’accepte de ressentir un manque, un espace non rassasié. C’est désagréable, mais également plein de sens : le manque n’est-il pas chemin de désir… En jeûnant ainsi, je ne me prive pas d’un plaisir, je prépare mon cœur et mon être à une nourriture autrement plus merveilleuse : Dieu lui-même, Dieu qui peut se rencontrer en toutes choses.

Le jeûne, pour autant qu’il soit raisonnable et vécu dans la discrétion me permet aussi de mesurer ma liberté : est-ce que je laisse parfois mon estomac ou ma paresse choisir ce que je vais « laisser entrer » en moi? Est-ce que j’ai tendance à me laisser combler par de faux bonheurs? À vouloir remplir un vide qui, somme toute, est salutaire? Le jeûne peut me remettre sur la voie de ce qui comble en profondeur. Il peut me permettre de mieux sentir mon désir profond d’une « nourriture » qui ne passe pas, source de joie et de vie. Jeûner, en nourriture ou autrement, pour mieux sentir la faim de Dieu : voilà un jeûne qui a bon goût!

Véronique Lang
Centre de spiritualité Manrèse

 

 

 

 

Cette chronique vous propose de prendre quelques instants de réflexion à partir de différentes questions spirituelles, pour donner du souffle à votre vie quotidienne et à vos engagements.

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