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Le Grand matin

(photo © Sylvain Campeau)

« De grand matin, le premier jour de la semaine » (Mc 16,2)… « À l’heure où commençait à poindre le premier jour de la semaine » (Mt 28,1)… « Le premier jour de la semaine, à la pointe de l’aurore » (Lc 24,1)… « Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin » (Jn 20,1)…

Dès ses premières mesures, la musique des récits de Pâques nous fait pressentir la nouveauté radicale de ce qui s’annonce. Elle nous transporte à l’aube du premier jour d’un temps nouveau. Un temps qui vient d’ailleurs et qui ouvre les entrailles du temps humain.

En entrant dans le tombeau, en quête d’un corps mort, les femmes du Grand matin entendent plutôt une parole, une parole neuve, inédite, qui – à l’instar de Marie lors de l’annonciation (Lc 1,26-38) – les ensemence d’une autre Vie : « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts? » (Lc 24,5). En devenant porteuses de l’heureuse annonce, ces femmes naissent à la vie du Ressuscité en même temps qu’elles le mettent au monde.

Ainsi, depuis le Grand matin, la vie telle que nous la connaissons, engloutie dans l’angoisse et la fatalité de la mort, est à jamais trouée, traversée par la Parole-Vie. Le JOUR UN d’une nouvelle création s’est levé. Un Jour qui « a rendu libres tous ceux qui, par crainte de la mort, passaient toute leur vie dans une situation d’esclaves » (He 2,15), c’est-à-dire tous les humains de tous les temps, ligotés dans le linceul de la mort appréhendée. Un Jour qui n’a pas fini de nous bouleverser.

Le Grand matin nous appelle à entrer dans le tombeau de notre commune humanité. Là où la peur de « perdre » la vie nous enferme. Là où l’accumulation des désenchantements nous ensevelit. Là où l’usure du temps scelle notre cœur d’une lourde pierre d’indifférence. Là où la mort elle-même nous accuse de vivre. C’est dans ce lieu-de-mort que se donne à entendre l’imprévisible Parole. Cette Parole ne ressemble à aucun mot connu et, pourtant, nous parle à l’intime. Cette Parole nous ressuscite dans le Vivant. Elle nous place dans un Corps nouveau, façonné par « la plus grande “mutation”, le saut absolument le plus décisif dans une dimension totalement nouvelle… jamais advenue dans la longue histoire de la vie et de ses développements » (Benoît XVI, Veillée pascale 2006).

Pour habiter cet espace de résurrection, nous devons apprendre à goûter la Parole du Fils, en faire notre mode de vie. Ses traces sont inscrites en nous, telle la mémoire d’une promesse en train de s’accomplir : « Alors elles se rappelèrent les paroles qu’il avait dites » (Lc 24,8). La lecture spirituelle des Écritures, en communauté, réveille la joyeuse mémoire du Verbe en notre chair. Elle permet d’imaginer un avenir selon l’Impossible de Dieu, à la mesure du Grand matin de Pâques : « Si quelqu’un garde ma parole, jamais il ne verra la mort » (Jn 8, 51).

Christian Grondin
Centre de spiritualité Manrèse

    

Cette chronique vous propose de prendre quelques instants de réflexion à partir de différentes questions spirituelles, pour donner du souffle à votre vie quotidienne et à vos engagements.

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